La Guerre de Vendée et la Chouannerie dans le roman ou la littérature historique entre le passé et le présent 1. Jules Barbey d’Aurevilly : L’Ensorcelée (1851). Lisez la préface de ce roman. Quelle est, selon l’auteur, la position de la Chouannerie et des Chouans dans l’histoire ? Quelle est sa motivation pour l’écriture de l’Ensorcelée ? Le roman de L’Ensorcelée est le premier d’une série de romans qui vont suivre et dont les guerres de la Chouannerie seront le théâtre, quand elles n’en seront pas le sujet. Ainsi que l’auteur le disait dans l’introduction de son ouvrage, publié pour la première fois en 1851, diverses circonstances de famille et de parenté l’ont mis à même de connaître mieux que personne (et ce n’est pas se vanter beaucoup) une époque et une guerre presque oubliées maintenant, car pour que le destin soit plus complet et plus grande la cruauté de la Fortune, il faut parfois que l’héroïsme et le malheur ressemblent à ce bonheur dont on a dit qu’il n’a pas d’histoire. L’histoire en effet manque aux Chouans. Elle leur manque comme la gloire et même comme la justice. Pendant que les Vendéens, ces hommes de la guerre de grande ligne, dorment, tranquilles et immortels, sous le mot que Napoléon a dit d’eux,[1] et peuvent attendre, couverts par une telle épitaphe, l’historien qu’ils n’ont pas encore, les Chouans, ces soldats de buisson, n’ont rien, eux, qui les tire de l’obscurité et les préserve de l’insulte. Leur nom, pour les esprits ignorants et prévenus, est devenu une insulte. Nul historien d’autorité ne s’est levé pour raconter impartialement leurs faits et gestes. Le livre assez mal écrit, mais vivant, que Duchemin des Scépeaux a consacré à la Chouannerie du Maine, inspirera peut-être un jour le génie de quelque grand poète ; mais la Chouannerie du Cotentin, la sœur de la Chouannerie du Maine, a pour tout Xénophon un sabotier, dont les mémoires, publiés en 1815 et recherchés du curieux et de l’antiquaire, ne se trouvent déjà plus. Dieu, pour montrer mieux nos néants sans doute, a parfois de ces ironies qui attachent le bruit aux choses petites et l’obscurité aux choses grandes, et la Chouannerie est une de ces grandes choses obscures, auxquelles, à défaut de la lumière intégrale et pénétrante de l’Histoire, la Poésie, fille du Rêve, attache son rayon. C’est à la lueur tremblante de ce rayon que l’auteur de l’Ensorcelée a essayé d’évoquer et de montrer un temps qui n’est plus. Il continuera l’œuvre qu’il a commencée (…) entremêlant dans ses récits le roman, cette histoire possible, à l’histoire réelle. Qu’importe, du reste ? Qu’importe la vérité exacte, pointillée, méticuleuse, des faits, pourvu que les horizons se reconnaissent, que les caractères et les mœurs restent avec leur physionomie, et que l’Imagination dise à la Mémoire muette : « C’est bien cela ! » Dans L’Ensorcelée, le personnage de l’abbé de la Croix-Jugan est inventé, ainsi que les autres personnes qui l’entourent ; mais ce qui ne l’est pas, c’est la couleur du temps reproduite avec une fidélité scrupuleuse et dans laquelle se dessinent des figures fortement animées de l’esprit de ce temps. L’écueil des romans historiques, c’est la difficulté de faire parler, dans le registre de leur voix et de leur âme, des hommes qui ont des proportions grandioses et nettement déterminées par l’histoire, comme Cromwell, Richelieu, Napoléon ; mais le malheur historique des Chouans tourne au bénéfice du romancier qui parle d’eux. L’imagination de l’auteur ne trouve pas devant lui une imagination déjà prévenue et renseignée, moins accessible, par conséquent, à l’émotion qu’il veut produire, et plus difficile à entraîner. 2. Lisez deux extraits de la littérature sur la Guerre de Vendée qui traitent les débuts de l’insurrection royaliste. Comment diffère la position de l’auteur ? Approuvent-ils ou critiquent-ils la Révolution ? Comment les romans reflètent leurs opinions politiques ? Comment cette dimension politique pourrait influencer, selon vous, l’image de l’histoire dans les livres ? Obsah obrázku text Popis se vygeneroval automaticky. Obsah obrázku text Popis se vygeneroval automaticky. Edouard Ourliac : Contes du bocage, nouvelle « Le marquis de la Charnaye » (1870, première édition 1843) Obsah obrázku text Popis se vygeneroval automaticky. Etienne Arago : Les Bleus et les Blancs (1862, première édition en feuilleton, 1846/1847) Obsah obrázku text Popis se vygeneroval automaticky. Obsah obrázku text Popis se vygeneroval automaticky. Obsah obrázku text Popis se vygeneroval automaticky. Obsah obrázku text Popis se vygeneroval automaticky. Le point de vue actuel sur les événements : Michel Chamard : La Guerre de Vendée pour les nuls (2017) Obsah obrázku text Popis se vygeneroval automaticky. Obsah obrázku text Popis se vygeneroval automaticky. Obsah obrázku text, noviny Popis se vygeneroval automaticky. Obsah obrázku text Popis se vygeneroval automaticky. ________________________________ [1] Selon la tradition, Napoléon Bonaparte a qualifié la guerre de Vendée comme « la guerre des Géants ».